Expérience, expertise, singularité : comment faire de ce que l’on a vécu une force professionnelle sans se laisser définir uniquement par son histoire.
Pendant longtemps, une question m’a accompagnée dans la construction de mon activité professionnelle :
Quelle place donner à mon histoire dans ce que je propose aujourd’hui ?
Je pouvais difficilement faire comme si elle n’existait pas.
Certaines expériences façonnent profondément notre manière de regarder le monde, de travailler, d’accompagner les autres ou de traverser le changement.
Mon parcours a évidemment influencé ma manière d’aborder la résilience, les transitions, la relation de soin, les émotions ou encore notre capacité à nous remettre en mouvement lorsque nos repères ont volé en éclats.
Mais je ne voulais pas non plus devenir :
« Celle qui a vécu ça. »
Parce qu’une expérience, aussi forte soit-elle, ne constitue pas à elle seule une expertise.
Et c’est probablement là que ma réflexion autour de ma propre proposition de valeur a réellement commencé.
Ce que vous avez vécu ne suffit pas à définir ce que vous pouvez apporter
Nous avons tous un parcours.
Des expériences professionnelles.
Des réussites.
Des échecs.
Des changements de cap.
Parfois des événements personnels qui viennent profondément modifier notre manière de voir les choses.
Tout cela participe à construire la personne et le professionnel que nous sommes aujourd’hui.
Mais il existe, selon moi, une différence fondamentale entre avoir vécu quelque chose et savoir quoi en faire.
Dans mon cas, mon histoire aurait pu devenir mon principal argument.
J’aurais pu parler uniquement de résilience, de dépassement de soi ou de capacité à rebondir.
Mais cela ne me suffisait pas.
J’ai eu besoin de comprendre.
De me former.
De professionnaliser ce que j’avais intuitivement expérimenté.
Puis d’accompagner d’autres personnes, d’autres parcours, d’autres réalités.
Avec le temps, mon expérience est devenue une composante de mon expertise, mais elle n’est jamais devenue mon expertise à elle seule.
Notre histoire peut nourrir notre valeur professionnelle. Elle n’a pas à nous enfermer dans une identité.
La singularité se trouve souvent à la rencontre de l’expérience et de l’expertise
Lorsque l’on parle de proposition de valeur, on pense rapidement au positionnement, à la cible, à la communication ou à la fameuse question :
« Qu’est-ce qui me différencie des autres ? »
Alors on cherche.
Une spécialité.
Une méthode.
Une formule.
Une phrase d’accroche.
Pourtant, notre singularité professionnelle est parfois déjà sous nos yeux.
Elle se trouve à l’intersection entre :
ce que nous avons vécu,
ce que nous avons appris,
les compétences que nous avons développées,
notre manière particulière de regarder certaines situations,
et surtout ce que tout cela nous permet aujourd’hui d’apporter aux autres.
C’est cette dernière partie qui change tout.
Parce qu’une proposition de valeur n’est pas simplement :
« Voilà qui je suis. »
Elle doit permettre à l’autre de comprendre :
« Voilà ce que cette personne peut m’apporter grâce à ce qu’elle est devenue et à l’expertise qu’elle a construite.»
Et si vous faisiez l’exercice ?
Si vous êtes vous-même à un moment de transition professionnelle, de repositionnement ou simplement de réflexion sur la suite, je vous propose de ne pas commencer par :
« Qu’est-ce que je pourrais faire ? »
Mais plutôt par trois questions :
Qu’est-ce que mon parcours m’a appris à comprendre particulièrement bien ?
Qu’ai-je transformé en compétences ou en expertise ?
À qui et à quoi cela peut-il être utile aujourd’hui ?
Prenez le temps de regarder l’intersection entre vos réponses.
Il y a parfois là beaucoup plus de matière que dans la recherche du métier parfait ou de la formule idéale.
Construire sa proposition de valeur, ce n’est pas fabriquer un personnage
C’est probablement ce qui me semble le plus important aujourd’hui.
À force de chercher à devenir visible, nous pouvons être tentés de fabriquer une image professionnelle qui « fonctionne ».
Trouver le bon positionnement.
Les bons mots.
Le bon sujet.
La bonne promesse.
Mais être identifiable ne signifie pas nécessairement parler plus fort ou se créer une singularité artificielle.
Il s’agit plutôt de parvenir à rendre lisible ce qui existe déjà.
Ce que vous savez faire.
Ce que vous comprenez particulièrement bien.
Ce que vous défendez.
Et la manière dont vous pouvez être utile.
Cela demande parfois du temps.
Ma propre proposition de valeur a évolué avec moi, avec mes formations, mes expériences, les personnes que j’ai accompagnées et les environnements dans lesquels j’interviens aujourd’hui.
Et elle continuera certainement à évoluer.
Parce qu’un positionnement professionnel n’est pas une étiquette définitive.
Il doit être suffisamment clair pour nous rendre identifiable, sans devenir une case dans laquelle nous enfermer.
Une réflexion qui m’amène aujourd’hui à transmettre à mon tour
C’est aussi pour cela que j’ai été particulièrement heureuse lorsque Évolution & Perspectives m’a proposé d’animer un webinaire consacré à cette question :
« Devenez le coach visible et crédible : créez votre proposition de valeur unique »
Non pas parce que je suis devenue spécialiste du marketing des coachs.
Mais parce que cette question, je l’ai moi-même travaillée pendant des années.
Comment parler de son expérience sans n’être identifié qu’à travers elle ?
Comment transformer ce que l’on a vécu en une véritable valeur professionnelle ?
Comment articuler expérience, compétences et expertise ?
Comment être visible sans chercher à ressembler à ce qui fonctionne chez les autres ?
Et surtout :
Comment rendre lisible ce qui nous rend singulier sans fabriquer artificiellement un personnage professionnel ?
C’est de cela que nous parlerons lors de ce webinaire.
Il s’adresse notamment aux professionnels qui envisagent le coaching, sont en cours de professionnalisation ou cherchent à clarifier ce qu’ils souhaitent réellement apporter dans leur pratique.
Et vous, qu’est-ce qui constitue réellement votre valeur professionnelle ?
Peut-être votre réponse ne se trouve-t-elle pas uniquement dans votre CV.
Ni dans votre dernier diplôme.
Ni dans l’intitulé de votre poste.
Elle se trouve peut-être quelque part à la rencontre entre votre parcours, votre expérience, vos compétences et la manière dont vous avez appris à les mettre au service des autres.
Pour moi, c’est là que se situe la véritable singularité professionnelle.
Pas dans ce que nous avons vécu.
Mais dans ce que nous avons choisi d’en faire.
Et peut-être est-ce finalement cela, construire sa proposition de valeur :
réussir à mettre des mots sur ce que l’on peut apporter aux autres sans jamais avoir besoin de devenir quelqu’un d’autre pour être identifiable.
Et si c’était le moment de regarder autrement ce que vous avez déjà construit ?
l n’est pas toujours nécessaire de tout recommencer pour évoluer.
Parfois, il s’agit plutôt de prendre du recul sur son parcours, de mieux comprendre ce qu’il nous a appris, d’identifier les compétences et les ressources que nous avons développées… et de redonner de la cohérence à ce que nous voulons construire maintenant.
C’est précisément ce que j’aime accompagner : ces moments où quelque chose bouge, où les anciens repères ne suffisent plus tout à fait, mais où la suite n’est pas encore complètement dessinée.
Parce qu’une transition ne consiste pas toujours à devenir quelqu’un d’autre.
Elle peut aussi être l’occasion de mieux comprendre qui nous sommes devenus pour choisir plus consciemment la suite.
Merci pour votre attention et à très bientôt !
Caroline Aubrejac
